Cette image restera à jamais gravée dans mon esprit

Publié le par Corn-Flakes

Cette image restera à jamais gravée dans mon esprit. Tout ce sang. Toute cette confusion. Toute cette panique. Je courais de droite à gauche, m'agitant dans tout les sens tel un roquet. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment réagir, cela me dépassait entièrement. Toute cette situation était hors de mon contrôle, elle me glissait des doigts de la même manière que le sang s'échappait de son corps.


La nuit, noire et opaque. La pluie, dense et vigoureuse. La route, isolée et cahoteuse. Et elle.


Moi, je revenais d'une soirée tranquille. L'alcool et la drogue n'ont rien à voir avec tout ça. Je roulais du mieux que je le pouvais au volant de ma vieille voiture tombant en ruine. J'avais hâte de rentrer, de m'allonger sur mon lit et me reposer. La fatigue a peut-être à voir avec tout ça.


Et puis elle. Elle dont j'ignore ce qu'elle faisait sur cette même route paumée, et qui plus est, à pied. Elle que je ne distingue qu'au dernier moment. Freinage. Elle qui se prend malgré tout la voiture de plein fouet, et se retrouve projeté sur la route. Elle, dont le sang dégouline lentement sur le macadam et forme une flaque de plus en plus grande que même la pluie ne peut effacer.


Je descends de mon véhicule. Je panique. Je ne sais que faire. On ne sait jamais quoi faire dans ce genre de cas. Alors, je vomis dans le fossé et tente de reprendre mes esprits, d'analyser calmement la situation. Mais rien à faire. On ne peut pas être calme quand on vient d'avoir ce genre d'accident. On ne peut pas être calme quand on vient de tuer quelqu'un. On ne peut pas se dire tout simplement qu'on va prévenir les autorités compétentes et leur laisser régler le problème. Quand on se dit ça, on se dit immédiatement que l'on risque de croupir en prison pour quelques années. Alors, on fuit. Ce qui n'est certes pas la solution la plus intelligente. On fuit, par réflexe. On se dit que rouler aussi loin que possible va nous permettre de tout oublier, de nous faire croire que rien ne s'est passé. Loin des yeux, loin du coeur, comme on dit.


Sauf que moi, je la vois toujours. Cette femme gisant au milieu de son propre sang, avec ces membres désarticulés qui forment une position insolite. Cette image restera à jamais gravée dans mon esprit, elle me hantera probablement toujours. Et ça, on a beau être le plus loin possible, ça ne s'effacera jamais, ça ne s'oubliera jamais.

 

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Francoise -Louise 25/03/2009 20:16

Ca aurait pu être vrai, ça l'est pour cet autre qui te lira peut-être.Alors, juste pour qu'il sache que "nier" n'existe pas et que ce qui n'a pu être évité doit être accepté par soi et ...les autres, quelles qu'en soient les conditions.Après, et même pendant, on peut décoller de la rétine l'image qui passe dans un autre régistre, celui du souvenir où évoluent nos chers disparus. Et cette musique là n'est plus agressive.

Orson Welles 22/03/2009 13:38

Soulagement : il s'agissait en fait d'Heather28, parcourant à pied le trajet susceptible de la conduire au Japon.

canelle56 22/03/2009 13:15

oupsss souvenir terrible ... bon dimanche

~~ Kri ~~ 22/03/2009 09:40

Gloups...ah si on avait une gomme spéciale cerveau!

Bruno 21/03/2009 23:37

Impuissance, culpabiliser, panique, image gravée à jamais....que de frissons en peu de mots