Si j'étais un oiseau

Publié le par Corn-Flakes

Si j'étais un oiseau, j'irais m'écraser sur les vitres des grattes-ciel. Juste pour faire chier ces bureaucrates et tâcher leur magnifique vue avec mon sang et mes tripes. J'imagine ma cervelle écrabouiller contre la vitre, j'imagine le sang gluant dégouliner lentement, et rien que ça, ça me fait jouir intérieurement. Si j'étais un oiseau, j'irais jusqu'à défoncer cette vitre pour aller arracher les yeux de ces bureaucrates. Je ferais un véritable carnage dans leur bureau, chiant sur leurs belles moquettes, picorant leurs documents importants. Ah, être un oiseau, être libre de ces mouvements et pouvoir voyager n'importe où. Sans aucune personne pour vous diriger, sans avoir l'impression de devoir quelque chose à cette foutue espèce humaine. Qu'est ce que j'aimerais pouvoir me reposer sous les tropiques dans un petit nid douillet. Mais au lieu de cela, mon quotidien, c'est le macadam et le mauvais temps.


Putain, qu'est-ce que j'aimerais virevolter dans les airs au lieu de suivre tout le temps la même routine, la même ligne droite qui régit ma vie. Ma vie merdique et insupportable. Même si j'ai plein de responsabilités, même si j'ai la vie de beaucoup d'hommes entre mes mains, je ne me sens pas important, je ne me sens pas vivant. Certes au début quand les gens me voient, ils sont impressionnés, fascinés, voir même quelque fois effrayés. Mais au bout de quelque temps, je ne suis plus rien à leurs yeux, plus qu'un vulgaire objet qui rentre progressivement dans leur routine.


Depuis quelque temps, des pensées suicidaires se bousculent dans ma tête. Je me demande à quoi ça sert de vivre vu la grande déception que j'ai du monde qui m'entoure. Je me demande à quoi bon rester dans un endroit qui ne me plaît pas. A quoi bon continuer de servir un système que je ne cautionne pas et dont je ne pourrais rien changer. Déprime.


Est-ce que les oiseaux ça déprime ? Est-ce que les oiseaux, ça se dit que le monde c'est de la merde et qu'ils iront s'écraser contre des grattes-ciel pour en finir avec la vie dans un geste plus ou moins symbolique ? Je ne le saurais jamais... A moins que la réincarnation existe. Moi je ne suis qu'un vulgaire Boeing, esclave de l'humanité, mais croyez moi, je vais en finir royalement avec ma vie. Une sorte de révolte finale contre l'aliénation. A l'approche de ces immenses tours new-yorkaises, je jouis une nouvelle fois intérieurement. Un oiseau finalement, c'est un peu de la merde face à une armature métallique de plusieurs tonnes.

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Seb 15/05/2009 14:59

Et puis attention aux nappes de mazout, aussi.

Sandy 13/05/2009 19:39

ts, ts... ça ne serait pas arrivé avec un airbus...bien vu ce monologue d'avion déprimé en tout cas!bonne soirée.

Jeanne+Fadosi 11/05/2009 19:42

je ne sais pas si les oiseaux se cognent en haut des gratte-ciels maisil y en a qui s'assomment aux fenêtres ! très beau texte !

Auxid 11/05/2009 19:04

"Mes yeux, mon coeur, sont un oiseau qui vient se poser sur vos "si j'étais un oiseau..." et mon horizon s'élargit..."
 
Greatest sentence ever !!!

Auxid 11/05/2009 19:04

"Mes yeux, mon coeur, sont un oiseau qui vient se poser sur vos "si j'étais un oiseau..." et mon horizon s'élargit..."
 
Funniest sentence ever !