J'aurais pas dû la baiser

Publié le par Corn-Flakes

Et dire qu’elle désirait le garder…

 

_ Comment tu peux garder une horreur pareille ?

 

N’oublions pas tout de même de préciser qu’il s’agit de mon fils. Voir même, peut être de ma fille… Enfin bref, une atrocité. Comme son père, mais en miniature… Peut être un peu plus mignon, parce que, quoi qu’on en dise, les bébés ça a un côté chou, trognon, craquant et autres adjectifs mélioratifs tout aussi niais. Mais qu’importe l’enveloppe si la lettre à l’intérieur est brodée d’insultes. Et moi, j’étais là, tentant de la dissuader.

 

_ Tu vas devenir grosse comme une vache, prendre des kilos que tu ne pourras plus jamais perdre.

 

Mais elle me dit qu’elle s’en fout, que de toute manière elle n’a jamais rêvé d’être mannequin, que le physique est secondaire et qu’il vaut mieux être bien portante qu’anorexique. Bref, des conneries de grosses pour éviter qu’elles soient mal dans leurs peaux et qu’elles se réconfortent comme elles le peuvent malgré le fait qu’elles soient moins baisées que les autres. D’ailleurs, j’aurais pas dû la baiser celle-là. Surtout que maintenant, elle me dit qu’elle n’a pas eu ses règles et qu’en plus, elle désire garder l’éventuel rejeton qu’elle risque d’engendrer.

 

Putain de vie… C’est le bad…

 

_ T’es complètement jeté, comment veux-tu désirer élever ce putain de môme ?

 

Notre putain de môme. Moi, si j’étais mère, j’irais noyer mon gosse dans l’alcool, j’irais lui foutre de la cocaïne dans les narines. J’irais même jusqu’à m’ouvrir le ventre pour aller l’arracher à mains nues. Pourriture de parasite… Comment peut-on concevoir qu’être enceinte est un bonheur ? Et pire encore, comment penser qu’élever un gosse est le stade suprême que recherche toutes les familles conventionnelles ? D’abord le mariage, puis vient ensuite le bébé… C’est ça les clés du miracle ? Moi j’pense plutôt que ça vous pourri la vie, que ça vous entraîne dans une routine infernale dont on ne peut même plus sortir. Et c’est précisément vers ce cauchemar que je me dirige si je deviens père. Moi, futur papa, on aura tout vu…

 

_ C’est pourtant marrant un avortement. On t’écarte les lèvres, on t’enfonce un tube dans le vagin, et hop, on gobe l’embryon et ensuite il est réduit en bouillie.

 

Là, j’essaye de l’amadouer, de lui vanter les mérites de la technologie moderne. Mais rien n’y fait, elle reste campée sur ses positions comme un hippie pourrait rester des heures sur un trottoir pour revendiquer la paix dans le monde. Épouvantable à vivre, n’est-il pas ? J’aurais pas dû la baiser, vraiment… Les femmes ne savent apporter que des malheurs. C’est le fléau moderne de notre société. En fait, j’aurais dû être homosexuel. Au moins les gays ne risquent pas de tomber en cloque. Manquerait plus que ça d’ailleurs. Déjà qu’il risque d’y avoir un mini-moi, alors si en plus on doit se coltiner des mini-tantouzes, le monde irait à sa perte. Et non, je ne suis pas homophobe, vous ne voyez pas que je vous vante les mérites du sexe masculin là ? Faut juste qu’il y ai pas trop de tapettes, c’est tout.

 

_ Putain de merde…

 

Là, c’est moi en train de bader, de me lamenter sur la situation actuelle. Putain de merde… Y a rien d’autre à dire. Putain de gosse de merde… J’aurais pas dû la baiser…

 

_ Mais tu vas avorter, salope !

 

Je monte peu à peu dans l’hystérie, et je me mets à lui gueuler dessus un flot ininterrompu d’insultes. Elle aurait pu pleurer et me dire que j’étais méchant, j’en avais rien à foutre. A vrai dire, j’espérais une telle réaction. Mais au lieu de cela, elle reste tranquillement face à moi, hochant négativement la tête pour me dire que non, elle n’allait pas avorter, bien au contraire. Je l’avais baisé, et maintenant, c’était à son tour de me baiser. Bien profondément cette fois. Et elle y allait fort, à sec et sans aucun préliminaire. Cette salope allait me pourrir la vie. C’était son but. Et moi, mon objectif, c’était de la supporter et éviter de craquer.

_ Ok, c’est cool.

 

Me voilà en train de reprendre mon calme. Un sourire se peint sur son visage. Le genre de sourire à la manière Joconde, mais vachement mal dessiné. En gros, ça lui donne un air con plus que mystérieux. Elle doit probablement se dire que j’ai changé d’avis, que j’accepte de vivre éternellement à ses côtés et de prendre soin de notre progéniture. Oh, mais que nenni ma chère.

 

_ Qui te dit que c’est mon fils d’ailleurs ?

 

Salope et bien gaulée comme elle était, je doute être le seul mec à lui être passé dessus. Elle n’a aucune preuve que ce soit moi le véritable père. Avec un peu de chance, le gosse va être blond aux yeux marron. Mais le sourire triomphant que j’affiche s’estompe lorsqu’elle me dit que je suis effectivement le seul à lui avoir fait l’amour depuis des mois. Faire l’amour… C’est d’un romantisme pur. J’ai vraiment pas de chance. Je tombe sur la seule femme au monde qui ne soit pas nymphomane, et j’arrive même à lui faire un enfant. J’suis plongé dans la merde. La merde la plus noire et la plus odorante qui soit…

 

_ J’suis dans la merde.

 

Un résumé parfait de la situation, y a pas à dire. Et elle, avec son visage souriant qui semble me dire que ouais, j’suis dans la merde jusqu’au cou, et qu’en plus ça la fait marrer. Évidemment, une attitude comme ça, ça me force à péter un plomb, une durite, un câble… Tout ce que vous voudrez… C'est ce que l'on appelle le point de rupture. Et chez moi, quand il est atteint, ça risque de faire mal. Très mal.

 

Les filles possèdent un avantage que nous, les hommes, avons rarement. Ce sont les cheveux longs. C’est très pratique car ça permet de traîner la personne sans avoir à l’empoigner par le col et donc à froisser ses vêtements. Le seul inconvénient, c’est qu’elle se met à beugler, dans le style truie qu’on égorge. Je ne m’en inquiète pas vraiment. Après tout, depuis quand quelqu’un vient à votre secours quand on appelle à l’aide ? Les miracles, ça n’existe plus, le temps des super-héros est aboli. Aujourd’hui, si vous entendez des hurlements, vous augmentez juste le volume de votre télévision, en espérant que rien ne viendra troubler votre vie bien tranquille.

 

Je la traîne dans la cuisine, et là, je découvre un autre avantage d’une chevelure luxuriante. On peut en faire un noeud solide pour attacher une personne au pied d’une robuste table en chêne. La cuisine, un lieu magnifique pour une dose d’ultra-violence. De la râpe à fromage jusqu’au couteau à huître, j’ai amplement le choix des armes. J’opte cependant pour un couteau classique, celui qui sert à débiter la viande en petits cubes bien sanguinolents. Rien de bien original, je l’avoue.

 

Les boutons de son chemisier se détachent un à un sous la pression de ma lame. La forme rebondi de ses seins se dévoile progressivement. Ces seins que j’agrippais si fermement il y a de cela quelques semaines, sans me soucier des conséquences. Cette poitrine désormais dénudée, sans aucun sous-vêtement pour la camoufler, avec les mamelons qui se mettent à pointer lorsque la froideur de mon couteau vient les titiller. Et elle, qui se débat, tentant d’éviter le contact de mon arme tout en essayant de me donner des coups de pieds, de me labourer le visage à coup de griffes et de me mordre à pleines dents. Dans cette position, si farouche, si déterminée, moi ça m’excite plus qu’autre chose…

 

Et lorsque je l’immobilise au sol et que je lui arrache son pantalon, je comprends mieux pourquoi je l’avais baisé. Elle n’a plus que sa petite culotte pour dissimuler sa pudeur, et je dois avouer que mon sexe ne sait plus très bien maîtriser ses pulsions face à la situation. La lame glisse sous le tissu de son sous-vêtements, se perd un instant dans la toison pubienne, effleure à peine son sexe. Un liquide chaud se met à couler le long de ses cuisses, et l’odeur qui s’en dégage me prouve qu’elle est désormais au comble de l’effroi. Elle craint pour sa vie, et ne cherche même plus à se dégager. Elle a compris que ses efforts étaient vain et n’allaient qu’empirer la situation. Elle me regarde, paralysé dans sa flaque d’urine, et je lis la crainte dans ses yeux.

 

J’aurais pu m’apitoyer sur elle. Mais je dois bien dire qu’elle mérite ce qui lui arrive, elle m’a provoqué jusqu’à des limites qu’il vaut mieux ne pas atteindre. Aveuglé par l’énergie sexuelle, je retire prestement mon membre palpitant hors de mon pantalon. J’aurais pu la posséder, là, en plein milieu de la cuisine. Lui donner des coups de bite à s’en décoller l’utérus, mais non, j’avais compris la leçon. Jamais je n’irai retourner baiser cette pute.

Ainsi, je me contente de me masturber, collant mon pénis auprès de son visage, le gland entrant parfois en contact avec sa joue recouverte d’une sueur gluante, ce qui a le don de m’exciter encore un peu plus. Et comme, je ne désire pas la laisser en compte, ce qui serait totalement égoïste de ma part, ma main gauche, celle tenant le couteau, entame lui aussi des mouvements de va-et-vient. Il entaille d’abord légèrement le clitoris de madame. Celle-ci se met à pousser de nouveau des hurlements d’une terrible jouissance. La lame s’avance, franchit sans aucune difficulté les lèvres qui tentent de se contracter pour lui interdire l’accès, et pénètre finalement l’orifice vaginal. La lame s’enfonce plus profondément à chaque mouvement, transperçant la chair et faisant couler le sang de son orifice saccagé. Elle hurle, et le son est si strident et si puissant que mon oreille droite se bouche totalement pour ne pas en entendre d’avantage. Mais peu m’importe, moi je suis au comble de la jouissance, me masturbant violemment dans une cadence frénétique, la bouche grande ouverte sous l’effet de l’orgasme. Le couteau suit la cadence, puis, j’implose, lâchant mon sperme chaud sur son visage. Il dégouline sur sa joue, jusqu’au coin de sa bouche.

 

Repus, je lâche mon arme ensanglantée qui tombe en produisant un tintement métallique sur le sol, puis je m’allonge contre elle, la tête posée sur sa poitrine. Son corps est encore chaud et humide, mais je ne la sens plus respirer. Sa poitrine ne se soulève plus régulièrement, le cœur a cessé de battre son rythme habituel, plus aucun air ne sort de sa bouche… Morte… mais c’est entièrement de sa faute, elle aurait du avorter comme je le lui avais conseillé. Tant pis pour elle…

 

Je me lève et la regarde une dernière fois, contemplant particulièrement son entrejambe en lambeaux qui verse encore des quantités astronomiques de sang.

 

_ Tu vois, tu les as tes règles…

 

 

A Alex, le père hypothétique
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Commenter cet article

will 14/06/2009 18:05

Bah c'est un cas banal en arabie saodite!

krismalo 24/05/2009 19:39

Eh bien mon salopard,ça dérouille...mais c'est bien écritamicalementkrismalo

Claire 24/05/2009 18:05

C'est atroce. C'bien écrit. Avec des putains de détails à vous écorcher les yeux si on les imagine. La dernière phrase est la meilleure. Mais c'est atroce.

L. 21/05/2009 20:14

Eh bé quelle violence dans l'eros-thanatos ! Tu relis un peu d'Easton Elllis, ces temps-ci ?

Corn-Flakes 21/05/2009 21:04


Hm, pour l'histoire de cette nouvelle, c'est un texte que j'ai écris il y a quelques années dans ma dernière année au lycée, lors de ma journée entière de colle. Initialement c'était juste histoire
de m'occuper donc, puis il y a quelques mois, il y a eu un concours avec pour thème Point de Rupture auquel j'ai participé en proposant ce texte que j'ai un peu retravaillé (mais pas trop pour
pouvoir garder sa brutalité initiale). Et voilà, tout ça pour dire que le lycée c'était effectivement ma période Palahniuk, Easton Ellis, Selby Jr, et compagnie.


Alaligne 21/05/2009 13:38

Ha bon...!! et en plus un plagiat!!! mdr