La route du rock.

Publié le par Corn-Flakes

Cet été, pas beaucoup de festivals n'a su attirer mon attention. Programmation pour la majorité minable composée de groupes déjà vu ou qui passent tellement partout que ça en est pas original. Il y a bien Rock en seine avec l'unique date française de Faith No More, mais là, faut d'abord que je repose mes oreilles et que je raconte ce que vaut ce fabuleux festival de la route du rock.
Tout commence avec une heure de retard à rouler et à se perdre, pour changer. Puis arrive le moment fatidique où tu demandes ta direction à quelqu'un. En l'occurence, ce quelqu'un, c'était un curé se balladant dans un bled paumé, soutane, livre de prières en mains, col blanc vissé autour de sa nuque. De passage pour je ne sais quelle ésotérique raison, il m'avoue ne pas connaître le coin et ignorer totalement où se trouve le festival. Mais, tel un signe divin, il s'avérait que ce curé se situait juste devant une toute petite, mais vraiment toute petite pancarte nous indiquant la bonne direction. La soirée commençait donc plutôt bien.
Après encore quelques dizaine de minutes à se garer au milieu d'un champ et à niquer ce qui restait de mes pneus, puis ensuite à marcher un peu trop longtemps à mon goût, j'arrive sur le site. Pas encore de musique, on en profite pour se restaurer un peu, visiter le site et de pouvoir encore être un tout petit peu au calme. Et là commence Deerhunter, groupe shoegaze que je ne connaissais pas du tout mais qui m'a assez séduit avec cette prestation scénique bien que très très simple. Enfin, ne nous plaignons pas, pour un premier groupe, c'était très bon et déjà représentatif de la soirée : guitares crachant des décibels saturés sur la foule. Bon ensuite, y avait Tortoise. Bizaremment, tout le monde dit que du bien de Tortoise. C'est une sorte de jazz expérimental avec beaucoup de vieux qui arrêtent pas d'interchanger leurs instruments. La première chanson était intriguante et m'a plutôt bien plu, la seconde idem, puis je me suis rendu compte que c'était pratiquement tout le temps la même chose. Et que donc, par conséquent, c'était chiant. Je veux bien croire qu'en CD ça sonne pas mal et que l'on peut l'écouter calmement, mais là, en live c'était trop mou. Le calme avant la tempête on va dire. Et la tempête c'était l'unique date française de My Bloody Valentine accompagné d'un mur d'amplis, une bonne trentaine de pédales à effet et une bonne dizaine de guitares. Tout semble commencer calmement. Bilinda se tient paisiblement sur la gauche, tandis que de l'autre côté Kevin Shields teste le micro. Et puis d'un coup, sans prévénir, les guitares se déchainent. Fracas sonore. A moins d'un mètre des baffes, au premier rang, j'exultais de joie. Mes oreilles moins, peut être. La pauvre voix en guimauve de Bilinda était totalement recouverte par le bruit sonique des guitares et celle de Kevin perçait de temps en temps. Mais qu'importe on était là pour du bruit, et de toute manière, connaissant les chansons, je pouvais m'imaginer les voix dans ma tête. D'ailleurs, il fallait bien une trentaine de secondes pour reconnaître une chanson tellement le tiraillement chaotique des guitares les défigurait dans une sorte de non-sens mélodique totalement jouissif. Bruit qui atteint son point d'orgue lors du fameux et très attendu mur de son, l'holocauste de You Made Me Realise. Note en continu pendant un quart d'heure, véritable cri de guitares à l'agonie, c'était magnifique. Magique. Mirifique. Divin. C'était tellement bruyant mais en parralèle tellement calme avec toutes ces personnes qui étaient religieusement en train de savourer ce moment si unique et rare. D'une puissance et d'une beauté que seule l'impact d'une bombe nucléiare pourrait recréer. Bon, bien sur, après ça, il fallait mieux quitter le premier rang et se reposer un peu. Là, on se rend compte qu'on a les oreilles qui sifflent et qu'on a peut être perdu un peu de notre audition initiale.
A Place To Bury Strangers entame son set. On reste encore au fond, trop secoué par le tsunami sonore de My Bloody Valentine, Ne pouvant plus rien apprécier d'autres après ça, condamné à être perpétuellement blasé de toutes autres sonorités existantes. Ainsi, APTBS est plus rock'n roll que sur l'album avec un son plus brut (adieu le côté cheap) et un guitariste qui saute un peu. Fan de l'album, je suis légérement déçu car quelques morceaux me semblent bien fades. Mais bon, en même temps, passer juste après MBV, ça n'aide pas, car comme déjà dit, on ne peut plus rien apprécier à sa juste valeur après vécu ça. Au fur et à mesure du setl, l'énergie du groupe se fait sentir et on se rapproche de plus en plus, le temps de voir un très beau et très bruyant final sur Ocean. bref, j'aimerais beaucoup revoir ce groupe en dehors du contexte MBV histoire de pouvoir mieux les juger.
Bon, ensuite y a de la musique qui passe et plein de gens qui dansent. Initialement, c'est The Horrors qui doit venir après, mais comme je l'ai signalé dans mon dernier article, ils ont annulés et sont remplacés Snowman. Snowman, groupe duquel j'attendais beaucoup. Et je n'ai pas été trop déçu. Même si le contexte du festival n'est pas ce qu'il y a de mieux pour nous faire plonger dans leur étrange et folle atmosphère à cause des mecs bourrés gueulant à tout va que c'est de la merde et tout ce qui va avec. Malgré un public maigre, pas forcément là pour écouter ce qui passe sur scène, le groupe fait son show, et le fait bien. Mention spéciale au petit chinois mutli-instrumentiste qui s'agite dans tout les sens et joue du clavier avec sa tête. La prestation est très proche de l'album, pas de surprise, pas de déception, juste ce que j'attendais d'eux. Voilà, sur ce, il ne me restait plus qu'à rentrer gaiement et les oreilles sifflantes chez moi.

Et oui, j'ai encore mal aux tympans.

Publié dans Musique

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Commenter cet article

krismalo 19/08/2009 21:19

Ben mon vieux pour pas trouver le site de la route du rock faut le faire!! je n'y suis pas allé cette année,emporté par le boulot grrr! en tout cas j'entendais le son de chez moi surtout dans la nuit de vendredi et c'est clair que ça grattais sec!!!krismalo

Corn-Flakes 19/08/2009 23:16


Tiens, salut toi. Bah en fait, j'suis passé par le bled saint-père machin poulet, et à partir de là, rien d'indiquer. Enfin bref, t'as loupé une expérience sonore assez particulière et unique.
:)
T'y es déjà allé les autres années ? je te vois bien devant le magnifique set de The Cure d'il y a quelques années. (Je me suis fait l'année où y avait Cat Power aussi

Ganemor 19/08/2009 13:48

Indonésien le batteur, non mais.

Corn-Flakes 19/08/2009 16:03


Ne chipotons pas, un bridé reste un bridé.


Ndaref 17/08/2009 14:49

"C'est une sorte de jazz expérimental avec beaucoup de vieux qui arrêtent pas d'interchanger leurs instruments."cette définition des pénibles Tortoise est hilarante!sinon, ça avait l'air bien, dans le genre orgie du bruit!

Orson Welles 16/08/2009 19:20

Hey vous m'aviez pas raconté pour le curé !Et euh, c'est tout c'que j'avais à dire sinon. Tu peux remplacer le titre de ton article par : [i]Voir My Bloody Valentine en vrai et mourir[/i].