Inglorious Basterds

Publié le par Corn-Flakes

Ah, Quentin Tarantino. Un grand réalisateur ayant marqué mon adolescence. Et comme tout ce qui marque son adolescence, on essaye un peu de s'en détacher, voir de s'en débarasser. Ainsi, j'ai regardé l'intégrale de ses films et j'ai trouvé ça tellement bon que j'étais incapable d'émettre une critique négative sur ses oeuvres. A part Kill Bill premier du nom, mais le deux étant merveilleux on lui pardonne. Bref, j'en avais marre d'aimer Tarantino d'autant plus qu'il devenait très mainstream à mesure que le projet Inglorious Basterds prenait forme. Et puis il est sorti en salle. Et puis là, j'en suis ressorti super content. Non pas que le film soit bon, loin de là, mais surtout parce qu'à mon goût Tarantino s'est planté et a fait une merde, et qu'enfin, j'allais pouvoir lui cracher dessus en toute sincérité. J'allais enfin pouvoir devenir un vrai rebelle, ah ah !

Pourtant, le film commence bien. Une scène dans une ferme aux forts accents de Sergio Leone, un fermier abritant des juifs, un allemand surnommé "le chasseur de juifs". Les deux parlent, la pression augmente eu fur et à mesure jusqu'à en devenir palpable. Tarantino joue sur les langues, Français et Anglais, constante régulière de son film qui aborde également l'Allemand et une petite touche d'un comique jouissif d'italien. Après cette scène, tout semble se répéter en boucle, d'une manière fort pénible. Le film est truffé de dialogues inutiles, à croire que Tarantino cherche volontairement à faire du Tarantino, à faire une pâle parodie de lui-même qui est d'une longueur ennuyeuse et d'un intérêt médiocre. Certes, les discussions de Tarantino sont généralement intéressantes. Qui n'a pas apprécié la discussion à propos de Like A Virgin ? Qui n'a pas aimé les dialogues si triviaux entre John Travolta et Samuel L. Jackson ? Peut être que c'est le décalage historique qui passe mal. Peut être que parler de Strudel attire moins que de parler du Royal Cheese. De même, Tarantino divise ce film en cinq chapitres pour rester dans la lignée de ce qu'il a fait autrefois. Sauf que là, c'est totalement inutile vu que ces derniers sont dans l'ordre chronologique et qu'on saissit très bien l'histoire sans. bref, pur effet de manche, pure branlette. N'oublions pas également de rappeler un point fort du cinéma de Tarantino : la musique. Ici, il s'agit de composition d'Ennio Morricone (qui fait la même chose depuis 40 ans), agrémenté d'une musique de Bowie (mais qu'est-ce qu'il fout là ?) et de musiques déjà entendues dans Kill Bill (wahou !). Révolutionnaire, vous l'aurez compris.

Les personnages sont certes multiples mais totalement creux, ce qui fait qu'on ne s'y attache pas du tout et qu'il est impossible de rentrer dans l'histoire avec eux. Les Inglorious Basterds, commando destiné à buter du nazi, sont une véritable blague, n'ayant comme motivation que de massacrer tout ce qui porte un uniforme allemand. Certes, Tarantino essaye de leur insuffler un passé à coups de flashback ou en forgeant la légende de "l'ours juif" démolissant les crânes nazis à coup de batte de base-ball, mais le peu de fois où on peut voir ces personnages à l'écran fait qu'ils sont d'un intérêt inexistant. Brad Pitt s'en sort avec quelques répliques comiques et surtout ce passage prestigieux où il baragouine de l'italien avec son fort accent américain. A la rigueur on apprécie un peu le psychopathe sergent Stiglitz. Shosanna Dreyfus, interprété par Mélanie Laurent qui joue comme un pied, est la caricature de la française grande gueule qui boit son verre de vin rouge au troquet du coin, béret vissé sur la tête et livre en main. Notons que Tarantino a réussi à lui caser un complice noir. Oui, un noir, en France en 1940, ça devait bien exister après tout. De là à être projectionniste, je ne sais pas. Donc, ce personnage de Shosanna brulant elle aussi d'envie de buter les méchants nazis qui ont tués sa famille se retrouve dans une situation assez favorable vu qu'un jeune officier allemand, star d'un film de propagande de Goebbels et héros de la nation, va tomber amoureux de la française et va forcer la main à Goebbels pour qu'il tienne la première du film dans le cinéma que tient Shosanna. Avec l'élite de l'armée allemande présent lors de cette séance, il risque d'y avoir de la vengeance dans l'air. Du côté allemand, on se débrouille mieux. Il y a la magnifique Diane Kruger égalant en beauté les anciennes gloires allemandes, le chasseur de juifs Christopher Waltz récompensé à juste titre, et toute une tripotée de méchants officiers. Car oui, le nazi est inhumain et il faut l'abattre comme un chien, merci Tarantino de nous avoir rappelé ce détail.

Le scénario, totalement prévisible, sans aucune once de surprise consiste, vous l'aurez compris, à tuer plein de nazis (bon d'accord, il y a plus de finesse que ça, mais la finalité est là). Comble du comble de la complaisance, Tarantino termine son film sur cette phrase de Brad Pitt : "Je crois bien que cette fois, c'est mon chef d'oeuvre". Phrase à laquelle on aurait envie de répondre : "Je crois bien que cette fois tu te goures". Comme quoi il aurait peut être du attendre dix nouvelles années à peaufiner son scénario...

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Cécile de Quoide9 05/09/2009 04:58

Ah ! ENFIN une critique blogesque négative sur ce film (que je n'ai pas vu)... mais bizarrement elle ne pose toujours pas le problème éthique du film... Je trouve que ce film est entouré d'un je-ne-sais-quoi de malsain et d'ambigu dans sa finalité.

Grand Maître Fred, Jedi des Mots 30/08/2009 09:41

Salut Corn-Flakes,Yep, je suis un vieux blog ! Merci de ton passage, gamin... Et n'hésites à venir prendre des cours chez moi comme j'hésite pas à piquer des idées ici.@miTié

visiteuse42 29/08/2009 10:51

bonjour! merci de ta visite! c'est vrai  que tu est beaucoup plus "bavard" que moi sur tes critiques! j'adore le cinéma, mais je préfère ne pas savoir trop de choses à l'avance (je regarde rarement les BA, je lis les petits résumés pour me faire une idée et une ou deux critiques ) j'aime bien avoir la surprise devant la toile même si parfois je suis déçue. alors je fais un peu la même chose sur mon blog, en plus je n'ai pas un don pour l'écriture. en tout cas ton blog a l'air interressant...je reviendrai! quand à ce film avec Brad Pitt, ta critique confirme ce que je pensais ...donc je n'irai pas le voir! bonne journée!