Jan Švankmajer

Publié le par Corn-Flakes

Cela fait du bien de découvrir des cinéastes complétement dingue de temps en temps. Et c'est le cas de Jan Švankmajer, tchèque et cinéaste bluffant. Plasticien et cinéaste à la fois, ses films mêlent adroitement prise de vue réelle et animation. Le tout se côtoie dans un univers loufoque, globalement assez sombre et sordide, décrépi et inquiétant.

 

Né en 1934, Jan Švankmajer rejoint les Beaux Arts de Prague où il va se former à l'art plastique, ainsi qu'à la manipulation des marionnettes. Il réalise son premier court-métrage en 1964 : Poslední trik pana Schwarcewalldea a pana Edgara où tout son univers est déjà présent.

 

 


Mais ce sera en 1968 qu'il se fera remarquer avec Byt (L'Appartement en français), l'histoire d'un homme qui se bat contre le mobilier de son appartement.

Vingt ans après, avoir enchaîné de nombreux courts-métrage, il se lance dans la réalisation de son premier long-métrage en 1988 : Alice, interprétation très personnelle du fameux Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll (Tim Burton devrait en prendre de la graine), où l'on se retrouve plongé dans l'imaginaire délirant et très inquiétant d'une petite fillette, qui en suivant un lapin blanc empaillé on ne peut plus malsain se retrouve embarqué dans un univers glauque, car après tout, c'est la marque de fabrique du réalisateur. Son deuxième long-métrage, Faust, en 1994, reprend les mêmes délires absurdes d'un homme banal se retrouvant aux prises d'un univers diabolique où il n'est plus maître de quoique ce soit. Il réalisera un autre long-métrage en 1996, Les Conspirateurs du Plaisir, que je n'ai pas justement encore eu le plaisir de voir, tout comme son dernier film en date, Les Fous, en 2005. Mais entre les deux, en 2000 précisément, il a fait Otesánek, et celui-là, je l'ai vu. Moins sombre que ces premiers films, voir même orienté vers un certain comique de situation, l'histoire n'en est pas moins totalement absurde et irréel. Il s'agit d'un couple, désirant vainement avoir un enfant. Ils vont finalement en quelque sorte adopter une bûche en bois qui va s'animer et reveler être une créature assez abominable, bien loin du bébé rêvé.

C'était ma découverte du moment, les films (à part Alice) ne sont pas évident à trouver (à moins de parler tchèque couramment, peut être), mais j'espère tout de même que vous allez vous lancer sur ce cinéma hors-norme, revigorant et appétissant.

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article