L'été arrive, les acouphènes aussi.

Publié le par Corn-Flakes

En préambule, je tiens à préciser que cet article aurait tout aussi bien pu s'intituler : J'ai réalisé deux rêves d'enfance, voir un mec sans jambe danser et Jon Spencer Blues Explosion (pas en même temps, malheureusement). Ou bien plus sobrement : Art Rock 2011, mais avouons que cette dernière formule est beaucoup moins drôle. Bref, maintenant, vous avez compris le contenu de l'article, à savoir que j'étais à Saint Brieuc au festival Art Rock principalement pour Jon Spencer, et que désormais vous allez avoir le droit à ma critique relativement élogieuse.

 

Le festival étant au plein centre de la ville, il faut d'abord parler un peu de Saint Brieuc. Mais rester gentil parce que les gens sont quand même sympathique malgré le fait que leur ville soit vraiment moche avec un mélange improbable d'architecture, style la ville a été bombardé à plusieurs reprises (et ce même après la guerre). Mais la rue piétonne redonne de l'espoir, donc ça va, on y reviendra peut être un jour.

 

Le festival en lui-même débute avec Hindi Zahra, c'est folk, et pas trop chiant (pour de la folk !) grâce à des breaks instrumentaux sympathiques et accélérés dont malheureusement la voix n'arrivera pas à suivre le tempo, faisant redescendre de suite le rythme. Et c'est pour cette raison qu'elle fait de la folk et non du rock, tout s'explique ! Enfin bref, de toute manière comme c'est le début du festival on est totalement passif et on ne s'attendait à rien de particulier. Pareil pour le second groupe qui apparaît après que la femme la plus blasée du monde vienne s'accouder à la barrière de protection à mes côtés (ou plutôt s'est imposé, pour être exact). C'était marrant, elle avait un burritos dans la main et pendant une heure elle n'y a pas touché, et puis aussi, elle ne faisait qu'envoyer des textos à son "amoureux" du style "je suis à art rock, tu me manques, bisous, etc." (à traduire en SMS). C'était encore plus marrant parce que juste à sa droite il y avait aussi le mec le plus blasé du monde qui lui n'a pas bronché pendant tout les concerts si bien que la sécurité inquiète lui a tout de même demandé si il allait bien. On peut s'interroger longtemps sur le pourquoi de leur position au tout premier rang d'un concert si ce n'est pour l'apprécier, mais pas le temps, puisqu'une tribu africaine arrive sur scène : le Staff Banda Bilili (on prononce Staffé ceci dit). Trois fauteuils roulant, un en béquille et trois bien portant en apparence, on s'imagine facilement ces congolais se faisant le pari de traverser un champs de mine anti-personnel. Pour s'éclater, en quelque sorte. Blagues mises à part, et c'est très dur parce que les handicapés qu'on le veuille ou non c'est toujours très drôle (noir qui plus est, mais ça je devrais pas le dire parce que ça fait raciste et que c'est pas bien, mais bon, j'suis plus à ça près), on admire le courage du groupe de faire une musique si entraînante et de respirer la joie à plein poumon (une sorte d'antithèse de Vic Chesnutt si l'on veut). Bon, ça a beau être sympa au début, c'est musicalement répétitif et on l'impression d'entendre la même chanson pendant une heure. Pour sauver tout ça, y a eu le mec sans jambe qui danse et la découverte du satonge, instrument monocorde faisant un son strident qu'il me faudra un jour fabriquer dans l'espoir d'agacer davantage mes voisins. Et rien que pour ça, ça valait presque le coup de venir.

 

Sauf que non en fait, il n'y a pas que ça ! Et ouais, il y a aussi le Jon Spencer Blues Explosion (JSBX pour les intimes), le groupe pour lequel je suis venu principalement ! Le groupe que j'écoute depuis mon adolescence sans m'en lasser, parce que Jon Spencer pour moi c'est une légende du rock, ou pour être précis, un génie (à égalité avec Mike Patton). Et ça faisait longtemps que j'avais fait une croix sur l'hypothétique idée de voir JSBX un jour en concert, du fait de leur brouille d'une part, de la création d'Heavy Trash d'une autre, et l'idée d'une tournée européenne ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Tout juste, je nourrissais encore un peu d'espoir de les voir un jour dans un club new-yorkais. Vous pouvez donc désormais comprendre ma joie lorsque j'ai appris que le groupe faisait le tour des festivals cet été. Reste à savoir ce que ça vaut sur scène, et de ce côté, je n'avais aucune crainte, ayant totalement confiance à JSBX pour faire un show survolté à l'image de leurs albums. Et ce fut le cas, le groupe fonctionnant comme une pile avec d'un côté Judah Bauer relativement calme et de l'autre le plus que énergique Jon Spencer portant un pantalon en cuir moulant. Et ça fait des étincelles, ou plutôt du bruit, du bon rock bien brut de décoffrage avec un enchaînement des morceaux sans aucune fioriture. C'est bon, c'est jouissif, c'est le clou de la soirée, que dire de plus. Le tout finit bien évidemment sous une pluie de larsens, si bien qu'on se croit être à La Route du Rock pendant un court instant. Heureusement, le public plutôt mou nous rappelle la triste réalité de Saint Brieuc. En fait, ce public était là pour The Hives et avait donc une moyenne d'âge de 16 ans. Ce qui explique un peu tout. The Hives, c'est un groupe que je ne connais peu, ayant juste écouté un CD dans ma voiture pour l'aller, de la pop-rock pas forcément intéressante en album, mais ils ont la réputation d'être scéniquement excellent. Et puis passer après Jon Spencer Blues Explosion évidemment, ça leur laisse encore moins de chance (du moins pour moi). Donc bon, ils arrivent avec leur costume en queue de pie et en chapeau haut de forme (style orchestre philharmonique), et là, je me rends compte que je connais The Hives en fait puisque chacun de leurs morceaux est un tube en puissance avec un riff ravageur restant en tête, qu'on a forcément entendu un jour ou l'autre à la radio, voir même joué sur Guitar Hero pour les plus chanceux. Bon, ça reste musicalement pauvre, faut bien l'admettre, mais les heures gagnées en composant facilement leurs morceaux, ils les ont investis dans un jeu scénique assez prenant et amusant. Ego surdimensionné, allure dandy pour le chanteur qui vient électriser la foule (et surtout les midinettes) en s'approchant au plus près du public et en grimpant un peu partout, et perversité certaine mais tout de même classe pour le guitariste abusant de mimiques sexuelles (d'où la guitare) et léchant ses médiators avant de les lancer dans la foule (et j'en ai eu un !). C'est rigolo, ça se prend pas au sérieux, et ça fait du bien. Du moins le temps du concert car on peut très bien imaginer que ça doit être assez lassant à force.

 

Bon, on reste pour Yelle, faut que je rentre chez moi en voiture et comme j'ai manqué de m'endormir au volant dix minutes avant d'arriver, ça aurait été tout de même con d'intituler finalement cet article : Grâce à Yelle, je suis désormais paraplégique. Mais c'est pas grave Julie, je te rassure, je te vois à la fête de la musique !

 

 

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SFC 10/07/2011 09:02



C'était chouette Art Rock sauf que j'ai des acouphènes depuis Jon Spencer Blues Explosion. Un conseil, protégez vous les oreilles car, quand on est mélomane et qu'on devient acouphène à cause
d'un concert où les ingé son sont des malades mentaux, on s'en mort les doigts. ALors, l'été arrive et les acouphènes arrivent... n'oubliez pas qu'un acouphène peut devenir permanent et vous
empoisonner la vie. A bon entendeur....



Corn-Flakes 10/07/2011 14:02



Au moins ça te laisse un souvenir ! :)



boboch* 13/06/2011 00:13



J'aime les gens blasés! :love: !



Corn-Flakes 16/06/2011 17:54



Faut pas trop les aimer toutefois, ça peut devenir heureux et enthousiaste sinon.



Corentin 11/06/2011 20:17



Mais t'as réussi à sauter une groupie après le concert ou pas ?



Corn-Flakes 11/06/2011 22:11



Qu'est-ce que tu crois, je reste pur pour Victoria ! Ah ah !