Chapitre 5 : H

Publié le par Corn-Flakes

En fait, je me suis évanoui. Là, comme ça, d'un seul coup. Ma vue s'est brouillée, s'est constellée de petits points noirs, et puis paf, je suis tombé inerte sur le sable. Comme si mon corps avait soudainement eut l'envie de m'abandonner lâchement. Je me suis écroulé comme une marionnette dont on aurait coupé les ficelles. Seul, inconscient, et ce en pleine nuit, on ne pouvait rêver d'une meilleure situation pour faire un malaise.


Mais apparemment, quelqu'un est venu à mon secours. Je dis cela car je me suis réveillé, saucissonné dans des draps blancs et le corps relié à ces machines permettant de voir si vous êtes encore en vie. Le bip bip régulier de l'électrocardioscope, l'intraveineuse qui vous injecte goutte à goutte une substance inconnue, l'odeur de naphtaline caractéristique, aucun doute là-dessus, j'avais atterri dans un hôpital. Comment ? Cela restait encore un mystère. Quelqu'un a probablement trébuché sur mon corps et a eu le réflexe de prévenir une ambulance au lieu de me laisser pourrir sur la grève. Je devrais peut être lui envoyer un exemplaire dédicacé de mon dernier roman, en guise de remerciements.


_ Vous êtes réveillé ?

La voix du docteur me tire de mes pensées. Il se tient devant mon lit, la couleur de sa peau contrastant avec sa blouse d'une blancheur immaculée. Au vu de son large sourire et de son regard bienveillant, il semblerait que je n'ai rien de grave. Juste une petite défaillance anodine. Le genre de truc qui arrive à tout le monde. Du moins, je crois. Non ?

_ On va devoir vous garder quelques temps. Votre situation est préoccupante.

Comment ça ? Je veux dire, qu'est-ce que je peux bien avoir de préoccupant. Je me suis juste évanoui. J'étais fatigué, à bout de force tout simplement. Mon corps ne tenait plus le coup, une bonne nuit de repos et on en parle plus. Y a rien de très préoccupant là-dedans.

_ Vous êtes actuellement sous bêta bloquant pour éviter une autre perte de connaissance.

Mais ça, je m'en fous. Je me fiche du traitement que l'on peut me donner. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi ma situation est si préoccupante. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi je dois rester dans cette chambre, emprisonné dans ces draps blancs, au lieu de rentrer tranquillement à mon appartement.

_ Votre malaise est loin d'être banal. Je crains qu'il soit dû à une maladie neurologique.

Une tumeur ? Une tumeur cérébrale ? Un putain de cancer du cerveau ! C'est ça que j'ai ? Mon cerveau est en train de pourrir ou bien en train de se faire bouffer, c'est ça ? Putain.

_ Nous allons pratiquer une biopsie cérébrale pour avoir plus de résultat.

Vous voulez dire que l'on va m'ouvrir la boite crânienne pour me prélever un petit bout de cerveau ? Putain, rien de pire n'aurait pu m'arriver...

_ Quant à savoir si vous allez récupérer la parole un jour ou l'autre, c'est une autre histoire.

C'est vrai que je n'ai pas décroché un mot durant le discours du médecin. J'avais contenté de répondre intérieurement, dans mon esprit. C'était une manière de me canaliser, d'éviter de dire des conneries, voir de devenir violent. Mais là, je n'avais plus le coeur à réfléchir. Je n'avais qu'une envie. Hurler. Sauf que je ne le pouvais plus...

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