Quatre heures du matin.

Publié le par Corn-Flakes

Quatre heures du matin. Mon appartement si paisible situé au rez-de-chaussée me semble totalement dénaturé. La vive lumière de mes ampoules semble incapable d'éclaircir les ténèbres qui progressivement m'envahissent. L'ambiance est pesante, lourde d'un sinistre présage. Et moi, je n'aurais jamais du être là, debout au milieu de mon salon, rongé par l'angoisse et écrivant ses lignes pour tenter de me rassurer. Écrire debout n'est pas des plus pratique, je l'avoue, mais je ne pouvais m'asseoir, me poser tranquillement pour coucher sur le papier la peur qui m'habite. Tout me semble infesté. Le fauteuil, le lit, les chaises. Je ne suis pas fou, je sais parfaitement que ce sont les même meubles que j'ai toujours eus, mais un imperceptible changement m'en donne présentement une mauvaise impression. C'est bête à dire, mais je ne leur fais plus confiance. Pas en cette étrange nuit, en tout cas. J'ai l'impression que si je les touche, ne serait-ce que quelques secondes, ils me transmettraient une infection. Et je n'ose imaginer ce qui se passerait si je tente de m'asseoir sur l'un d'entre eux.


Je n'aurais jamais dû être là, debout au milieu de mon salon, sous la faible clarté que propage mon plafonnier. Mais cela me semble être le seul endroit sécurisé de mon appartement. Un dernier îlot de lumière au sein de l'obscurité grandissante. Que ce serait-il passé si je ne m'étais pas réveillé en sursaut cette nuit ? Aurais-je été infecté par ces étranges et inquiétantes ténèbres ? Ou me serais-je tout simplement réveiller le lendemain matin sans aucun problème ? En y réfléchissant, je me demande si toute les nuits ne sont pas comme celle-ci. Si toutes les nuits, l'obscurité me rend visite et repart sans laisser de traces dès que les premières lueurs de l'aube pointent dans le ciel. Je me maudis de m'être réveillé en pleine nuit. Je me maudis de ne pas m'être recouché paisiblement. Je me maudis d'être là, debout, tremblant de peur et trouvant pour seul refuge du papier et un crayon.


Peut être est-ce mon esprit qui déraille ou bien le monde alentour, mais je suis certain d'avoir entendu un clocher sonner. Ma vieille horloge m'indique quatre heure passé, et même si elle me semble aujourd'hui totalement étrangère, je la crois. Dehors, la nuit est épaisse, confirmant cet horaire avancé. Impossible que les cloches d'une église retentissent à ces heures auxquelles le commun des mortels n'est pas coutumier. Ces heures où tout semble si sombre, si loin, si menaçant. Ces heures où l'angoisse prédomine et où l'imagination de celui qui à tort reste éveiller, s'emballe. J'espère que c'est uniquement de cela qu'il s'agit. De mon imagination qui travaille et qui me fait entendre des bruits n'existant pas et me fait percevoir les choses de manière différente. Ou alors c'est la folie qui s'est emparé de moi et non les ténèbres. Ou pire encore, tout ce que je ressens est peut être réel et le sinistre destin que j'entrevoie pourrait bien se produire. L'imagination, ça se calme. La folie, ça se soigne d'une manière ou d'une autre. Mais la réalité, elle, elle ne peut jamais disparaître.


De ma fenêtre entrouverte je sens la douce chaleur de l'été. Moi, debout, torse nu sous mon plafonnier, je transpire à grosses gouttes. Et ce n'est pas uniquement la chaleur qui provoque ces sécrétions. C'est également la peur. Je me sens visqueux, comme recouvert d'une couche d'huile. J'espère au fond de moi qu'il s'agit bien de transpiration. J'espère que cela ne me contamine pas comme mon mobilier, j'espère que les ténèbres ne m'envahissent pas à mon tour, que l'obscurité cesse de me hanter que tout s'éclaircit brusquement. Mais plus que tout, plus que d'espérer un quelconque échappatoire, j'espère que tout ceci n'est pas réel.

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Sébastien Clivillé-Hagaär Dünor-Toxic Avenger 24/08/2009 18:21

Quatre heures du matin, l'heure du crime.

krismalo 19/08/2009 21:24

Mais si c'est bien réel,un lourd manteau de sueur t'as couvert bien gluant puis il a dégouliné sur ton plancher,tombant gouttes à gouttes du plafond dans la bouche ouverte de ton voisin du dessous complétement ivre.Le pauvre s'est noyé,dans les jours qui suivent si tu sens une odeur suspecte tu sauras d'où elle vient........;amicalementkrismalo

Corn-Flakes 19/08/2009 23:17


Tiens, ça ferait une bonne suite ça. L'odeur suspecte.