Chapitre 7 : New York Dolls Hospital

Publié le par Corn-Flakes

Des néons qui défilent, des gens qui paniquent, des blouses blanches qui virevoltent, des directives qui fussent en tout sens. Et moi qui roule à toute allure sur mon chariot brancard. Où est-ce que l'on m'emmène ? Qu'est-ce que je fous ici ? Aucune idée. Se réveiller de cette manière, ça me semblait trop brutal, trop invraisemblable. Étais-je encore en train de rêver ? Peut être que cette fois ils réussiront à me couper les jambes. Des portes qui claquent, des gens qui se penchent vers moi, de la lumière qui m'aveugle. Tout va vite, bien trop vite pour que je suive le fil. Les paroles que prononcent les médecins me sont incompréhensibles, truffées de mots incompréhensibles. Suis-je en bonne santé ? Probablement pas, sinon je ne serais pas trimballé de cette manière sur un brancard. J'essaye de me remémorer mes derniers souvenirs, ce que je faisais avant de me réveiller dans cette situation. Je me souviens avoir finalement opté pour une soirée canapé et télé. J'ai maté ce genre de vieux films qui sont tellement mauvais qu'ils en deviennent bons. Vous voyez ce que je veux dire ? Les acteurs jouent mal, le décor est en papier mâché et les effets spéciaux minables. Mais on se marre bien, on admire le courage du réalisateur d'avoir osé aller jusqu'au bout. Est-ce que je l'avais vu en entier ? Voyons... Je me souviens de l'invasion des extraterrestres en tenues moulantes immondes, de la lutte entre humains et envahisseurs réduite à deux coups de revolver. Mais la fin... Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé à la fin. J'en déduis donc que je me suis endormi peu avant. Rien d'exceptionnel. Rien qui explique ce que je fous là.


Et pourtant...


_ Une leucémie.


Après avoir subi des dizaines de tests, après avoir été tripoté des heures et des heures, après avoir été prélevé de tout ce que l'on pouvait prélever dans mon corps, le résultat était d'une précision on ne peut plus inquiétante. On a donc repéré que mon sang comportait peu de plaquettes sanguines et peu de globules blancs, on a vu que ma moelle osseuse était mal en point... Tout un charabia médical qu'on ne pourra probablement pas expliqué avec des mots simples. Je me voyais déjà vivre mes prochaines années au rythme des chimiothérapies. Je me voyais dans mon lit d'hôpital, chauve et peu à peu oublié de tout le monde. Plus aucun plaisir. Plus d'alcool, plus de drogue, plus de tabac, plus de sexe. Juste une vie routinière. Chimio, bouffe, nettoyage, chimio, rebouffe, dodo... Et ce probablement jusqu'à ce que je meurs...


_ Une leucémie foudroyante.


Du genre Hitler envahissant la Pologne. Rapide, net et efficace. Terriblement efficace. Tellement efficace qu'en fait, il ne me reste plus que quelques heures à vivre.


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Rémy 06/03/2009 19:38

Terrifiant mais style efficace... A quand la suite ? A bientôt